Le rognage de la vigne avant le phylloxéra

La vigne est une plante à la croissance vigoureuse qu’il est nécessaire de maîtriser par ce que l’on appelle la « taille en vert », par opposition à la « taille sèche », pratiquée en hiver sur des sarments sans feuille.

Le rognage consiste à supprimer l’extrémité des pousses lorsqu’elles ont atteint une certaine longueur, car elles consomment une grande quantité de sève au détriment du développement des raisins.

À Fontaine, le rognage s’effectuait pendant la floraison[1]. Lorsque les pampres s’étaient étendus, le vigneron ou la vigneronne parcourait les vignes, une serpette à la main, et sectionnait les pousses trop longues à hauteur d’échalas. La végétation tombée à terre était ramassée et entassée dans des hottes ou des paniers.

Après le mouvement de sève d’août, surtout dans les années chaudes et pluvieuses, il fallait recommencer à étêter les ceps, afin d’arrêter la sève surabondante et de favoriser la maturation du raisin. Les années où les pampres se développaient outre mesure produisaient un vin de moindre qualité.

Au XIXe siècle, les cisailles à double lames, remplacèrent progressivement les serpes à rogner traditionnelles, dont les manches pouvaient être courts ou longs.

Sigrid Pavèse

[1] GENRET-PERROTTE, Rapport sur la culture de la vigne et la vinification dans la Côte-d’Or présenté le 2 octobre 1853 au Comité central d’agriculture de Dijon, Dijon, 1854. Fontaine-lès-Dijon, question 32.

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