Fontaine-lès-Dijon dans Le Bien public de 1971

1971 est une année d’élections municipales et le maire sortant Jean Souny ne se représente pas. Au premier tour, les 2 499 électeurs ont le choix entre 4 listes et 92 candidats pour élire 23 conseillers. Jusqu’aux élections de 1983,  les voix sont en effet décomptées par candidats et non par liste pour les communes de 3500 à 30 000 habitants, et Fontaine compte, en 1971, 4 250 habitants. Toutes les listes se déclarent apolitiques, mais la politisation est en germe.   Une section locale du parti socialiste et un groupe UDR (Union des Démocrates pour la République, mouvement gaulliste fondé en 1967 par Georges Pompidou) sont créés à Fontaine et des membres de chaque parti sont candidats dans deux des listes. Au premier tour, aucun candidat n’est élu. La liste d’union démocratique où était présent le PS se retire, faute de pouvoir s’entendre avec l’une des listes et deux listes fusionnent, dont une où se trouvent des UDR mais cette nouvelle liste n’aura aucun candidat élu. Ce sont les candidats de la liste conduite par Pierre Jacques qui sont élus et 4 sont des sortants. Pierre Jacques, qui a été élu de justesse, est un homme déterminé et qui voit grand. Il marque rapidement de son empreinte les débuts de son mandat. Il poursuit les travaux d’assainissement et, d’emblée, stoppe les tentatives de promoteurs immobiliers pour contruire des tours à Fontaine. Il conserve dans le domaine public le sentier de l’Église et lance une audacieuse politique d’acquisition de terrains, qui serviront à créer des équipements municipaux soit par lui, soit par ses successeurs : centre d’animation, parc sportif, groupe scolaire, mais aussi des espaces verts : parc des Basses Combottes, verger de Fontaine et ses abords. Il demande la création d’un bureau de poste de plein exercice et se déclare prêt à en assurer la réalisation et, en attendant, il fait en sorte qu’un bureau de poste mobile se tienne pendant une heure les mardis et jeudis à la disposition des habitants, à proximité de l’école maternelle des Carrois. Il fait aménager la carrière de la Fin, à l’origine du futur complexe sportif des Cortots, fait élargir la rue du faubourg Saint-Nicolas dans la partie comprise entre la rue des Saverney et le boulevard des Allobroges, fait installer les feux de croisements synchronisés au carrefour Ahuy-Allobroges-Saint-Martin, menace les entrepreneurs de la nouvelle mairie de pénalités s’ils ne respectent pas les délais, équipe un atelier communal avec des machines et de l’outillage pour éviter de faire appel à des entreprises « dont les coûts d’interventions sont exorbitants ». Cependant, il ne renforce pas le personnel de voirie et met à la charge des riverains le nettoyage des trottoirs, promettant de les asphalter lorsque les travaux d’assainissement seront terminés. Par ailleurs, il fait dépierrer le terrain du futur stade des Porte-Feuilles par des bénévoles qui enlèvent 20 tonnes de cailloux ! Il annonce l’entrée en fonction à la mairie d’une permanence de l’assistante sociale chargée du secteur de Fontaine, décide de la création de la rue du général de Gaulle et demande l’établissement d’une zone d’activités de 5 ha. Il instaure un comité des fêtes qui, avec le concours de nombreuses bonnes volontés, inaugure une bibliothèque municipale ouverte le samedi après-midi dans les locaux de la mairie, laquelle se trouve toujours en haut du bourg, fait remettre aux personnes de plus de 70 ans un panier de Noël, leur offre un repas dans la salle de la future école maternelle des Saverney, organise un cyclo-cross sur la butte et prévoit un club du troisième âge. Sur le plan culturel, le Grenier de Bourgogne organise à l’école des filles un atelier théâtre et un atelier pictural pour les enfants. Fontaine entre dans l’ère des loisirs.

La demande de concertation, sensible au moment des élections municipales chez ceux qui dénoncent le manque d’association de la population aux décisions, se confirme avec la création d’un conseil de parents d’élèves dans la commune. On sent que l’année 1971 marque un tournant, avec un refus de laisser gérer la chose publique par les seuls « initiés ».

Le reste de l’année est rythmé par les traditionnels comptes rendus ou annonces de manifestations : jeudis de neige, concours de la prévention routière, kermesse, cérémonies patriotiques, concert de l’Eau vive, élèves admis à l’entrée en 6e, présentation des travaux des enfants des écoles maternelles, concours des maisons fleuries, pèlerinage, banquet des pompiers pour la sainte Barbe, arbres de noël des maternelles.

En ce qui concerne les faits divers, le correspondant de presse s’attendrit sur la libération du « cygne de Monsieur Souny » par deux pompiers municipaux, réveillés dans la nuit de Noël par la gendarmerie de Plombières prévenue par un passant : il avait une patte prise dans l’eau de la mare gelée. En revanche, il fustige ceux qui une semaine plus tard, dans la nuit de la saint Sylvestre, ont cambriolé une dizaine de villas, tordu le cou à trois canards de la mare pour les mettre à la cocotte et fait disparaître la pancarte « patinage interdit » clouée à trois mètres du sol…

Sigrid Pavèse

Fontaine-lès-Dijon dans Le Bien public de 1970

Aux reproches qu’on lui fait de ne pas suffisamment informer les lecteurs de la commune « sur les faits et petits potins qui meurent aussi vite autour de la mare et ailleurs », le correspondant de presse de Fontaine, Pierre Griffon, répond : « Encore faudrait-il trouver matière à remplir les colonnes de la rubrique dans un village qui se réveille et s’endort chaque jour dans la quiétude …! ». Pourtant, en 1970, Fontaine n’a rien d’une belle endormie tant les chantiers sont nombreux. Les automobilistes qui doivent slalomer en plein hiver autour et entre les regards de fonte qui jalonnent la rue du Faubourg Saint-Martin en savent quelque chose ! Assainissement, eau, voirie, la municipalité fait face à de grands travaux. Ainsi, en bordure du boulevard des Allobroges, la station de pompage est en cours de construction pour alimenter par refoulement les réservoirs qui vont être construits près du cimetière et 1840 mètres de canalisations sont à poser pour distribuer l’eau aux habitants. De nouvelles voies sont créées. Des trottoirs sont posés, des chaussées refaites. Parfois, il faut gérer les aléas. Ainsi l’entreprise adjudicataire des travaux d’assainissement a cessé ses activités et le temps de trouver un successeur retarde la réalisation de la cinquième tranche.

Parallèlement, le patrimoine immobilier de la commune s’étoffe avec l’entrée dans la phase d’exécution du nouvel hôtel de ville, conçu par le cabinet d’architecture Guillaume et Pépin. En mars, le feu vert est donné aux entrepreneurs pour la construction d’une école maternelle de quatre classes, dénommée « l’Éveil », et de deux logements d’instituteurs au groupe scolaire des Carrois.
Dès septembre, 98 bambins y font leur entrée tandis qu’une deuxième école maternelle est en projet aux Saverney. Le cimetière fait l’objet d’un quatrième agrandissement au nord car la population atteint désormais 4 000 habitants. La carrière de la Fin, où sont stockées les ordures ménagères est devenue inutilisable car elle est comble.  Les ordures ménagères sont dorénavant déposées à la décharge municipale de Dijon et le maire fait procéder au nivellement du terrain et à son ensemencement. Le mouvement d’urbanisation s’accompagne de la pose de quatre planimètres et pour sa communication, Fontaine se dote d’armoiries qui jouent le rôle de logo.

Les temps forts retenus par le quotidien sont les jeudis de neige, les épreuves de prévention routière, les réunions de la FNACA, une remise de médaille, la kermesse, le concert de l’Eau vive, l’exposition des travaux des élèves, les fêtes de saint Bernard, la venue du père Noël dans les écoles maternelles. Il faut chercher dans les pages générales pour voir qu’aux élections cantonales, les Fontainois ont voté pour réélire le conseiller général sortant Indépendant Hauser. Pour soutenir la campagne en faveur de la Fondation pour la recherche médicale française, la mairie indique qu’elle vend des cartes postales dans ses locaux au profit de cette fondation. Du côté de la météo, l’hiver de 1970 est neigeux et le maire rappelle que l’usage des luges et des skis est interdit sur les voies communales, comme il est interdit de patiner et de glisser sur la mare… en raison de la présence d’un cygne ! On apprend par ailleurs, que faute de galerie d’art, le café de la Place du Perron sert de lieu d’accrochage d’œuvres picturales, mais que le cadre est peu approprié… Malgré ses efforts, son style alerte, le correspondant de presse ne sort pas des sentiers battus.

Sigrid Pavèse

Fontaine-lès-Dijon dans le Bien public de 1969

1969 est aussi mouvementé que 1968 avec le référendum sur le Sénat et la régionalisation annoncé par le président Charles de Gaulle en février. Le 27 avril, le rejet de la proposition à Fontaine est à peine moins fort (51 %) qu’en France (52 %). Comme il l’avait annoncé, le président démissionne aussitôt et les élections qui suivent voient la gauche divisée éliminée au premier tour de la présidentielle et la victoire le 15 juin du gaulliste Georges Pompidou sur Alain Poher, président intérimaire, candidat du Centre démocrate avec plus de 58 % des voix à Fontaine comme en France.

L’année avait commencé sous la neige, et le froid de février avait permis aux patineurs de glisser sur la mare. Avec un printemps pluvieux, la récolte de fruits fut peu abondante mais la vendange fut bonne, donnant plus de 130 hl de vin. Le 13 juin, au cours d’un violent orage, la foudre tomba sur le clocher de l’église Saint Bernard occasionnant de gros dégâts au toit qui nécessitèrent une rapide réfection. Il en fut de même pour la cour de l’école des Carrois qui reçut un revêtement bitumineux.

Dans les colonnes du journal, les activités des enfants des écoles sont privilégiées, avec la fête de l’école maternelle des Carrois en mars, l’exposition des travaux des petits en juin, la participation des plus grands aux jeudis de neige, au challenge de la police des communes suburbaines, au concours scolaire de la prévention routière… Le droit à l’image n’étant pas ce qu’il est aujourd’hui, les articles sont tous accompagnés de clichés montrant les enfants en gros plan.

Le journal laisse parler l’émotion avec le départ à la retraite du directeur du groupe des Carrois André Gauthey, l’hommage au conseiller municipal Eugène Nicolle ou les noces d’or du maire Jean Souny, qui sont célébrées publiquement.

Le quotidien mobilise les lecteurs pour l’opération brioche en faveur de l’enfance inadaptée et pour la collecte par l’association Diabo, afin de fournir des lampes tempêtes aux familles de Haute-Volta (Burkina-Faso depuis 1984).

Les sapeurs-pompiers bénéficient de la bienveillance du journal : leur voyage, leur sortie, leur fête, leurs actions sont rapportées. Les concerts de l’Eau vive sont également bien relayés et la réception par la municipalité d’une chorale canadienne appartenant comme l’Eau vive au mouvement « À Cœur Joie » est mise en valeur avec un échange de drapeau. Le quotidien renseigne aussi sur les premières communions, la kermesse, le cyclo-cross, le pèlerinage à saint Bernard, la cérémonie d’hommage à Darnet et Pontiroli, le 11 novembre, le repas de Noël du troisième âge qui, en l’absence de salle municipale, à lieu dans le réfectoire de l’entreprise Paquet.

Les résultats du recensement de 1968, connus en mars font état d’une population de 3 698 habitants. Le ramassage des ordures ménagères est désormais effectué trois fois par semaine, mais la deuxième distribution de courrier est supprimée. La mise en révision du plan communal d’urbanisme par le préfet donne naissance à une nouvelle politique urbaine. C’est ainsi que le projet de rocade nord-ouest, qui avait été abandonné en 1963, est repris. À la demande de l’inspecteur d’académie, le conseil municipal accepte l’implantation d’un collège d’enseignement secondaire et les plans sont levés pour délimiter les terrains à acquérir. Faisant suite au ravalement de l’église, l’enclos paroissial est aplani pour créer un espace dégagé. La quatrième tranche d’égouts est mise en œuvre et la première tranche du projet d’alimentation en eau potable est approuvée, mais l’agrandissement du cimetière est retardé en raison de difficultés financières liées à la décision par la Caisse des Dépôts de ne plus financer ce genre de travaux. De même pour la construction de l’école maternelle des Carrois, les contraintes budgétaires, après subvention et emprunt, obligent à adopter une solution bâtarde moitié traditionnelle, moitié industrielle pour l’architecture de l’édifice. Concernant la nouvelle mairie, les études et demande de devis continuent, alors que la création d’un bureau de poste n’est toujours pas à l’ordre du jour, malgré l’insistance du maire auprès de l’administration des PTT.

1969 voit aussi la parution du premier bulletin municipal, ainsi que la création de la FNACA, qui regroupe les anciens combattants en Algérie, Maroc, Tunisie, de Fontaine et des communes environnantes.

Sigrid Pavèse

Fontaine-lès-Dijon dans Le Bien public de 1968

À Fontaine, dans la presse locale, l’année 1968 semble avoir été une année comme une autre. La vie est rythmée par les jeudis de neige, la mi-carême à la maternelle des Carrois, les conférences proposées par la paroisse, les fêtes pascales, les communions, les confirmations, les mariages, la kermesse, la fête de la chorale l’Eau vive, le résultat du certificat d’études primaires, les nouveaux bacheliers, la sortie annuelle des pompiers, la fête du 14 juillet, le pèlerinage à saint Bernard, le passage du bâton du saint à un autre foyer, une opération brioche pour l’aménagement du centre médico-professionnel de Beire-le-Châtel, la commémoration de l’armistice du 11 novembre, l’arbre de Noël dans les écoles, le goûter des anciens.

Il faut lire les articles dans le détail pour trouver un écho de la contestation de mai 1968. C’est ainsi que le 10 juin, sous le titre « Succès sans précédent de la kermesse », on note qu’ « après plus d’un mois de tristesse et d’angoisse, les visages et les cœurs battant à l’unisson, se retrempaient enfin dans une ambiance saine et joyeuse ». Dans ses pages nationales, Le Bien public avait en effet dramatisé les événements de mai 1968. Des titres inquiétants et des photos spectaculaires montrant le résultat matériel des violences avaient fait peur. Aux élections législatives de juin, qui font suite à la dissolution de l’Assemblée nationale décidée pour répondre à cette crise de mai 1968, les électeurs fontainois infligent un revers cuisant au candidat de gauche qui perd plus de la moitié de ses suffrages par rapport aux législatives de l’année précédente. Les Fontainois votent majoritairement et de manière stable pour l’UDR Henry Berger, mais sans lui donner la majorité absolue car les voix qui allaient à la gauche se sont portées sur le centre droit. Henry Berger est néanmoins élu au premier tour dans sa circonscription.

Un autre indice de la crise de 1968 apparaît dans les délibérations municipales, où le maire signale les retards considérables pris par les nombreux travaux de voirie mis en chantier dans la commune, notamment l’élargissement de la rue du Faubourg-Saint-Nicolas et l’aménagement du carrefour des 5 rues, en raison des grèves et des intempéries. Malgré tout, les études confiées au cabinet d’architecture Guillaume et Pépin pour de nouveaux équipements communaux vont bon train. Cependant, entre les désirs légitimes et les possibilités réelles, il y a une marge car il faut trouver les financements, d’autant que les subventions de l’État diminuent fortement. Néanmoins, la préparation du futur domine, et un avis favorable est donné à la réalisation d’un centre administratif aux Carrois, comprenant la construction d’une école maternelle de quatre classes, de deux logements de fonction, d’un gymnase et d’une mairie moderne nécessaire à une ville de 10 000 à 12 000 habitants et qui, pour l’heure, en compte moins de 4 000. En attendant, une classe préfabriquée est mise en place. Aux Saverney, les pourparlers sont en cours pour l’extension de l’emprise du groupe scolaire et l’accord de principe est donné par l’autorité préfectorale pour la construction d’une école maternelle, ce qui ne signifie pas réalisation dans l’immédiat. L’agrandissement du cimetière est également mis à l’étude.

Pour ce qui est des réalisations, la quatrième tranche relative au réseau d’assainissement est lancée, tandis que pour l’alimentation en eau potable, des terrains sont acquis afin de construire la station de pompage, boulevard des Allobroges. Après la réfection de la toiture de l’église paroissiale, les murs sont ravalés. À l’école des Saverney, la cour est aménagée ainsi qu’un parking. Près de la mare, un petit coin fleuri et des bancs sont installés. 1968 voit aussi le début de la publication d’une revue municipale.

Dans le domaine économique, le centre commercial du faubourg Saint-Martin ouvre à l’issue des grandes vacances avec une agence de la Caisse mutuelle de dépôts et de prêts, un salon de coiffure pour dames, une droguerie-quincaillerie côté rue du Faubourg-Saint-Martin, une épicerie, une boucherie, une boulangerie, une mercerie-bonneterie et un tabac–presse côté rue du Faubourg-Saint-Nicolas. Au mois de décembre, le feu qui ravage les ateliers de la fabrique de meubles Mondia, boulevard des Allobroges marque les esprits.

Sigrid Pavèse

Fontaine-lès-Dijon dans le Bien public de 1967

En 1967, la population de Fontaine atteint 3 482 habitants soit une augmentation de 36 % en huit ans. Cette forte croissance démographique nécessite des travaux d’équipement mais les mesures restrictives prises par le gouvernement en matière de subventions freinent les réalisations de la commune. Celle-ci doit avoir recours à l’emprunt pour la création de classes provisoires, puisqu’elle n’a pas obtenu l’autorisation de nouvelles tranches de travaux d’extension pour chaque groupe scolaire, l’achat de terrains pour l’agrandissement du cimetière ou les deuxième et troisième tranches de l’assainissement. La municipalité continue à se montrer favorable à des lotissements privés, mais les difficultés d’approvisionnement en eau la contraignent à freiner certaines réalisations, comme celles de la rue des Félizots. Il est de plus en plus évident que l’évolution des programmes de logements, effectués au gré des opportunités foncières par les promoteurs, doit être mieux encadrée que par les dispositions du plan d’urbanisme directeur de 1964. Par ailleurs, la commune qui a toujours tenu à son indépendance, comme toutes les communes voisines, est obligée, pour des raisons de rationalité de gestion, de dépasser le cadre des négociations de commune à commune et d’entrer dans celui de l’association avec les communes limitrophes. C’est ainsi qu’elle participe, dès sa création, au SISAD (Syndicat Intercommunal des Services de l’Agglomération Dijonnaise) qui comporte trois services communs : transports en commun, enlèvement des ordures ménagères et Agence Intercommunale d’Urbanisme Dijonnaise (AGIUD). Les compétences du SISAD ne peuvent qu’être amenées à se développer et dès 1967, elles s’étendent à l’assainissement. On voit que le SISAD est l’embryon qui deviendra le district, puis la COMADI et enfin Dijon métropole.

La grande opération de 1967 est la réalisation des 600 m du boulevard des Allobroges entre la rue de Fontaine et le boulevard Galliéni, qui permet d’avoir un boulevard périphérique ceinturant Dijon de manière ininterrompue du pont des Chartreux à la place Roger Salengro. C’est la fin des embouteillages créés par le transit au centre de Dijon pour aller par le nord de la RN71 à la RN 74.

Avec l’urbanisation, une page du Fontaine rural se tourne une nouvelle fois avec l’alambic qui ne s’installe plus à l’entrée de l’hiver dans la commune. Les bouilleurs de cru doivent se rendre désormais à Daix. Par ailleurs, la mesure qui avait considéré les friches communales comme réserve de chasse est reconduite. La demande de location du droit de chasse par la société de chasse « La Diane de Fontaine-lès-Dijon » est rejetée, car cette société revêt un caractère privé, puisque depuis longtemps elle n’accueille plus tous les chasseurs de Fontaine-lès-Dijon.

La rubrique de Fontaine s’enrichit des photos de mariage, de communions privées, de communions solennelles et de confirmations, tandis que l’animation culturelle locale s’engage sur la voie de la neutralité religieuse avec la création de l’association chantante « l’Eau vive », association qui groupe 60 enfants et adultes. Cependant, pour des raisons de disponibilité des locaux, les enfants répètent le jeudi dans la salle annexe de la chapelle Saint-Martin, alors que les adultes qui répètent le soir ont à leur disposition une salle de la mairie.

La pause du milieu de semaine pour les écoliers est le jeudi jusqu’en 1972. À la fin de leur cursus à l’école élémentaire, les écoliers continuent à passer le certificat d’études primaires. C’est ainsi que onze filles et cinq garçons sont reçus. L’examen d’entrée en sixième subsiste pour ceux qui ne justifient pas d’un niveau suffisamment élevé pour être admis. Tous les élèves d’une classe d’âge sont loin d’être admis. Seuls les « meilleurs » le sont, comme l’indique la légende des photos des 40 enfants avec leur nom et prénom.

Politiquement, aux élections législatives de mars 1967, les Fontainois votent à 55% pour Henri Berger, représentant le camp présidentiel du général de Gaulle qui, s’il dispose encore de la majorité absolue, frôle la défaite avec la remontée de la gauche.

Sigrid Pavèse

Fontaine-lès-Dijon dans Le Bien public de 1966

Le retard pris dans les constructions scolaires en raison de l’ajournement d’année en année des autorisations administratives, place la municipalité dans une situation difficile pour assurer la scolarisation primaire. Cette année encore, aucune solution favorable n’est en vue malgré les terrains acquis et le désir de la municipalité d’aboutir. Les huit salles de l’école des Carrois sont occupées, de même que les huit de l’école des Saverney, or 50 élèves supplémentaires sont attendus à la prochaine rentrée. N’obtenant pas d’ouverture de crédit, car la priorité est donnée aux communes où de grands ensembles sont prévus comme Talant, Chenôve ou Marsannay, la municipalité demande la subvention pour la construction de deux classes provisoires aux Carrois. Toujours pour parer au plus pressé, la commune, qui présente un retard dans l’organisation de l’éducation dite maternelle, transforme les classes enfantines abritées dans les écoles primaires en classes maternelles, mais tant qu’elle ne disposera pas de nouveaux locaux, il n’est pas possible pour elle d’abaisser l’âge d’admission en dessous de 4 ans.

En avril, le boulevard des Allobroges après la mise en place de l’adduction d’eau et du collecteur d’assainissement.

Du projet à sa concrétisation, il faut du temps. C’est ainsi que cinq ans après la délibération initiale, le tronçon de 740 m, qui assure la jonction du boulevard des Allobroges à partir de l’ancien chemin des Roses (rue Octave Terrillon) pour aboutir au carrefour de la route d’Ahuy, avec la rue du Faubourg Saint-Martin et la rue Général Fauconnet, est mis en service en été. Cet aménagement, entièrement sur la commune de Fontaine, permet l’achèvement du contournement de Dijon par le nord, depuis le pont des Chartreux jusqu’à la place Roger Salengro, en reliant les routes nationales 5, 70, 71, qui traversent Dijon, détournant ainsi une partie du trafic lourd qui transitait par le centre de la ville.

Les procédures administratives et les difficultés pour obtenir les financements peuvent rétrospectivement avoir des effets bénéfiques. En effet, l’impossibilité à court terme d’installer les infrastructures nécessaires à l’assainissement et à l’approvisionnement en eau et en électricité a permis de conserver l’aspect naturel du sommet de la butte, car elle a empêché en grande partie l’aboutissement d’un projet de petit séminaire à cet emplacement, approuvé pourtant à l’unanimité par le conseil municipal.

L’entrée dans la modernité s’accompagne d’une remise en cause des valeurs traditionnelles. Véritable révolution pédagogique, la mixité scolaire commence à s’installer à Fontaine. C’est ainsi que la municipalité accepte la proposition de gémination, c’est-à-dire de mixité, par l’inspecteur primaire pour rééquilibrer les classes des Carrois et assurer une plus grande cohérence et un meilleur rendement que dans les classes à cours multiples existants. Cette gémination est timide : elle n’est pas demandée pour les grands garçons et les grandes filles, ni pour le groupe des Saverney. Ce choix est comme un ballon d’essai, qui répond davantage à des motivations économiques qu’idéologiques. Le changement social se manifeste aussi par la décision de ne plus amodier le droit de chasse, dont le profit était maigre pour la commune et de transformer le territoire en réserve de chasse. Par ailleurs, le cercle Saint-Bernard qui animait la culture à Fontaine en s’appuyant sur les potentialités locales n’a pas trouvé de relais et l’offre d’animation s’appauvrit, avec une seule séance de cinéma organisée par un éphémère club cinématographique et culturel Saint-Martin. La kermesse paroissiale et la fête de Saint Bernard se maintiennent. La ville reprend à son compte la tradition des colis de Noël. Les commémorations qu’elle organise rythment l’année sans grand relief et le bal des pompiers est annoncé très laconiquement. L’image prend de plus en plus de place : le journal met en valeur des cérémonies religieuses comme la confirmation ou la communion solennelle, qui donnent lieu à des photos de groupe, tandis que les photos de mariage se multiplient.

Sigrid Pavèse