L’autel de saint Bernard dans l’église paroissiale de Fontaine-lès-Dijon avant la restauration de 1899

L’autel de saint Bernard vers 1899 (Carte postale).

L’autel de saint Bernard aujourd’hui (Cliché Michel Laignelet, 1974).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’autel de saint Bernard, situé dans la chapelle nord de l’église paroissiale a connu diverses transformations au cours du XXe siècle. Sur une carte postale antérieure à la restauration de 1899, il présente un aspect bien différent de son état actuel.

Si l’on distingue à peine la partie supérieure de l’autel, on voit surtout l’imposant retable qui le surmontait et qui masquait complètement le lavabo de la chapelle d’origine. Ce retable architecturé en bois était composé d’une travée flanquée d’ailerons à volutes ;  deux colonnes cannelées à chapiteau corinthien, dont le tiers inférieur était sculpté de tiges de laurier enroulées, encadraient la contretable et supportaient un entablement à frise sculptée et corniche à denticules.

Le tableau d’autel représentait sainte Catherine d’Alexandrie, agenouillée sur les débris de la roue de son supplice. Ce sujet sans rapport avec le titulaire actuel de la chapelle s’explique par le fait qu’elle était dédiée auparavant à sainte Catherine, patronne d’une confrérie pour les femmes et les jeunes filles attestée dès la fin du XVIIe siècle[1]. La composition, inspirée d’une estampe de Louis Simonneau (1654-1727) d’après un tableau d’Antoine Dieu (1662-1727)[2], reproduisait la seule figure de la sainte, mais non les bourreaux et l’ange qui venait la couronner de fleurs[3].

Au-dessus du retable, une niche ménagée dans l’ébrasement de la baie murée abritait une statue de la Vierge à l’Enfant debout sur un croissant de lune et reposant sur un socle orné de têtes d’angelots.

Sur l’autel, un tabernacle à ailerons supportait le célèbre buste de saint Bernard attribué au sculpteur Paul Noël Barralet. Provenant de l’abbaye de Molaise, il avait été donné à la paroisse en 1811 et son installation dans cette chapelle datait probablement de cette époque. Le changement de vocable était précisé par l’inscription peinte sur le cartouche surmontant le tableau : J.M.J. SANCTE BERNARDE ORA PRO NOBIS.

De belle facture, les divers éléments : retable, tabernacle, statue et tableau formaient un ensemble cohérent de style XVIIIe siècle, surchargé au siècle suivant de tentures et de guirlandes.

Élisabeth RÉVEILLON

[1] Bulletin paroissial n° 4, avril 1908, p. 26.
[2] Élève de Le Brun.
[3] Patrimoine d’Aquitaine, Les dossiers de l’Inventaire, Dossier IM40006612 (http://dossiers-inventaire.aquitaine.fr/dossier/tableau-du-retable-de-l-autel-de-sainte-catherine-sainte-catherine-d-alexandrie/a4066e15-fcb2-4770-a1c2-deb761678fba)

Fontaine-lès-Dijon dans Le Bien public de 1949

La plupart des onze articles consacrés à Fontaine-lès-Dijon sont publiés pour rendre service aux lecteurs : jour d’enlèvement des ordures, annonce de la fête nationale, de la fête patronale, indication qu’une chambre à air de camion a été trouvée et peut être réclamée auprès d’Eugène Nicolle…

En août 1949, un arrêté municipal interdit d’allumer des feux dans les champs, jardins et friches. Cet appel à la prudence est lié à la grande sécheresse et à la chaleur qui ont régné sur toute l’Europe occidentale cette année-là, pendant l’été. Un autre avis rappelle un arrêté de 1926 qui interdit de pénétrer dans le bois situé entre la mare et l’église. Le maire veut lutter contre les incivilités qui détériorent l’environnement et annonce que les fautifs pris sur le fait seront verbalisés avec sévérité par les gardes champêtres. En 1949, la commune avait encore un caractère rural et c’était le garde-champêtre qui assurait la police municipale. Les gardes champêtres étaient des officiers de police judiciaire craints par les contrevenants.

Trois articles sont consacrés au ravitaillement, notamment en sucre et en carburant. Ce sont les derniers qui paraîtront sur le sujet, car les conditions de vie des Français commencent à s’améliorer avec l’aide américaine à la reconstruction apportée par le plan Marshall en 1948. Le haut commissariat au ravitaillement est supprimé et les derniers tickets de rationnement disparaissent le 1er décembre. Cette pénurie a marqué en profondeur les esprits et oriente la politique agricole vers une forte productivité, afin de garantir la sécurité alimentaire. C’est ainsi qu’à Fontaine en avril 1949, des films agricoles sur la motoculture, la lutte contre les mauvaises herbes et la fumure sont commentés par les ingénieurs de la direction des services agricoles, pour faire évoluer le monde agricole afin de tendre à l’autosuffisance alimentaire.

Enfin, un long article est consacré aux obsèques du lieutenant René Guillaume tombé en Indochine à la tête de son peloton, le 4 février 1948, comme l’avait relaté un précédent article paru après sa mort. Inhumée provisoirement à Hanoï au Tonkin – on ne parlait pas alors de Viêtnam -, sa dépouille a été rendue à sa famille pour être enterrée au cimetière de Fontaine. Sous le titre d’usage « Obsèques d’un brave » est décrit l’adieu social au jeune soldat avec l’hommage de ses pairs et le discours du maire, qui met en valeur l’écolier studieux et la personnalité du défunt. Le garçon étant connu de tous dans le village où il a grandi, la population se fait un devoir d’entourer ses parents et de leur exprimer sa sympathie. Les enfants des écoles avec leur maître sont présents à la cérémonie. Ils sont les témoins du rôle civique qu’ils devront accomplir à leur tour. Le nom du soldat est inscrit sur le monument aux morts des guerres du XXe siècle à Fontaine-les-Dijon mais ne cherchez pas sa tombe dans le cimetière de Fontaine, son corps a été transféré en 1959 à Chervey dans l’Aube, dans l’arrondissement de Troyes dont la famille était originaire.

Sigrid Pavèse

Conférence

Promenade dans les noms de lieux à Fontaine et dans les environs

Aquarelle de Nicole Lamaille (2020)

Causerie  de Monsieur Gérard TAVERDET.
Vendredi 20 novembre 2020 à 18 h.
Espace clos Guillaume, Salle Omer Viennet.
Durée 45 minutes suivie par les questions du public.
Entrée gratuite. Sans réservation.
Protocole sanitaire en vigueur à respecter.

Le vignoble à Fontaine-lès-Dijon en 1957: l’encépagement

Une grappe de Seibel 5455 appelé « Plantet » présentée par Monsieur Olivier Guignon vers 1990 dans la vigne des Champs-Rémy devenue la Vigne de Fontaine. (Cliché Photo-club de Fontaine)
Une grappe de Seibel 5455 appelé « Plantet » présentée par Monsieur Olivier Guignon vers 1990 dans la vigne des Champs-Rémy devenue la Vigne de Fontaine. (Cliché Photo-club de Fontaine)

En 1957[1], la viticulture fontainoise est orientée en totalité vers la production de vin avec des raisins de cuve. L’encépagement compte huit variétés. Cette hétérogénéité résulte de la fantaisie des différents propriétaires car, jusqu’en 1953, les vignerons peuvent planter librement les variétés de leur choix. Avec 40% des cépages, le Gamay domine. Il s’étend sur 4 ha 9 a et 15 ca. S’il craint les gelées de printemps, il a l’avantage de produire une petite récolte sur les contre-bourgeons. Il est suivi par le Seibel 5455 avec 24%. Cet hybride producteur direct est cultivé sur 2 ha 80 a 50 ca, surtout par des personnes qui n’ont guère de temps à consacrer à la vigne, car il est de conduite facile et peu soumis aux aléas des maladies. Vient ensuite l’Aligoté, fertile et rustique, avec 23,9%. Cette variété, qui donne un vin blanc, couvre 2 ha 45 a 42 ca. Le sensible Pinot, aux grandes qualités gustatives, et quatre autres hybrides : Seibel 1000, 8, Rouge et Seyve-Villard (blanc) ne forment ensemble que 8,75% de l’encépagement total.
Les porte-greffes sont connus pour moitié dans le recensement. Le 3309 qui est une variété issue d’un croisement entre Vitis riparia et Vitis rupestris, toutes deux d’origine américaine, domine à plus de 90%. L’autre pied mère répertorié, le 1202, d’une origine semblable, n’est utilisé que par un propriétaire. Le vignoble fontainois greffé avec ce porte-greffe offre ainsi un très bon degré de tolérance au phylloxéra racinaire et de résistance au mildiou.
L’intervalle entre les rangs est, à 71,2 %, d’1 m et le reste est de 1,10 m, donc moins fréquent. La distance entre les pieds est, à 42,85%, de 1 m, 30 % de 0,80 m, 21,42% de 0,90 m et le reste de 0,85 m. Là encore, la distance entre les rangs ou entre les pieds dépend de l’exploitant. À noter que si les plantations sont en rangées homogènes, deux sont encore en mélange, sans ordre (en foule).
L’âge moyen de ce vignoble est de 15 ans et un tiers est en vignes jeunes de moins de 10 ans. Si la plus ancienne vigne date de 1914, ce vignoble n’est pas vieux et dans l’ensemble, le renouvellement est régulier, sans qu’une évolution de l’encépagement selon la période de plantation ne soit sensible.
Les possibilités de récolte sont estimées entre 20 et 50 hl à l’ha à 57,40%, entre 50 et 80 hl à 16,66% et à moins de 20 hl à 11,11 %. Une seule exploitation indique un potentiel entre 100 et 150 hl. 12,96 % des vignes ne sont pas en production. Quant à la qualité, les déclarations ont classé toutes les productions dans la catégorie des vins de consommation courante.

Sigrid Pavèse

[1] Archives départementales de la Côte-d’Or : 1789 W 34.278. Recensement général du vignoble.