36ème édition des Journées Européennes du Patrimoine

Samedi 21 septembre 2019 à 14 h.

Rendez-vous Place des 3 Saffres. Durée 2 heures. Gratuit. Sans inscription.

Nés après la Révolution française, les parcs, squares et jardins publics sont plébiscités par une population urbaine éprise de promenades et de loisirs. À Fontaine, la plupart des espaces verts publics sont contemporains des lotissements nés après la Deuxième Guerre mondiale. Aujourd’hui, ils font partie du patrimoine urbanistique. Pour les journées européennes du patrimoine, Les Amis du Vieux Fontaine vous convient à une promenade d’agrément à la découverte de l’histoire de ces créations végétales.

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L’occupation allemande en 1942 à Fontaine-lès-Dijon

Fontaine-lès-Dijon, occupation allemande en 1942. (Photographie, 6 cm x 6 cm, collection Bruno Lautrey)

Cette photo a été prise en 1942 devant l’église Saint-Bernard de Fontaine-lès-Dijon, probablement à l’automne[1].

Dans un cadre naturel plus sauvage qu’aujourd’hui, un groupe de trois jeunes soldats de la Wehrmacht consulte un ouvrage sur la place des Feuillants. Non armés, sans doute de sortie, ces soldats portent un calot, une vareuse militaire avec quatre poches boutonnées serrée à la taille par un ceinturon, un pantalon avec pattes de serrage au niveau des chevilles, des brodequins et des gants noirs. Le niveau de qualité de la photo et le noir et blanc ne permettent pas de discerner l’arme d’appartenance de ces militaires, leur branche et leur grade.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, de nombreux soldats de la Wehrmacht possédaient des appareils photos. Ils n’avaient pas le droit de photographier les installations militaires et les zones de combats, aussi leurs photos décrivent-elles souvent une vie loin des horreurs de la guerre. Ce sont des clichés souvenirs, comme sur cette photo, où les soldats donnent le sentiment que leur séjour en France s’apparente à un voyage touristique.

En 1942, la France est occupée depuis deux ans. Le pays vit au rythme des privations et d’une situation économique qui se détériore. Le climat devient de plus en plus répressif et l’hostilité des Français grandit envers l’occupant. Par ailleurs, beaucoup de soldats allemands vivent dans la hantise d’un départ en Russie où leurs camarades meurent par milliers.

Depuis l’entrée en guerre des États-Unis en 1941, les raids aériens de jour et de nuit s’intensifient en France. Les effectifs des Allemands augmentent, et, en 1942, 600 000 Allemands sont présents sur le territoire français. La Wehrmacht commence à recruter de plus en plus de jeunes gens. En avril 1942, sont appelés tous ceux nés en 1923 et en octobre, ceux nés en 1924[2].

À Fontaine, dans le climat délétère qui plane sur l’hexagone et obscurcit leur horizon, ces jeunes Allemands, qui n’ont connu que le nazisme, vivent sans doute un moment de répit avant la tourmente.

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[1] Cette photo fait partie d’une série de trois : les deux autres prises à Dijon représentent, pour l’une, probablement le soldat de droite dans un parc qui pourrait être celui de la Colombière, avec comme mention au dos : « Dijon à l’automne 1942 » et, pour l’autre, une péniche sur le canal près de Dijon.
[2] LUNEAU (Aurélie), GUEROUT (Jeanne), MARTENS (Stefan), Comme un Allemand en France, Lettres inédites sous l’occupation, Paris, L’iconoclaste, 2016. 300 p.

La pressée en 1888

Paul DEFRANC, La pressée, 18 octobre 1888. (Collection Geneviève Gauthier)

Ce cliché d’amateur qui montre une pressée à Fontaine, le 18 octobre 1888, est un tirage sur papier signé Paul Defranc. Paul Defranc, né à Dijon en 1851 et mort à Fontaine en 1902, était un célibataire, qui habitait, avec ses parents, la demeure appelée « la Charmille », 2 rue de la Source. Paul Defranc descendait d’une lignée d’avoués à la cour d’appel de Dijon. Son grand-père, Claude, avait acheté le domaine et à sa mort en 1854, il l’avait transmis à Charles Defranc, le père de Paul. Ce domaine était composé à l’origine de la maison où la famille passait l’été et de quelques parcelles de vigne en plants fins. Le joyau étant le clos séparé de la maison par la rue Collin-Barbier qu’il bordait à l’ouest. L’étendue des vignes avait gagné en superficie au cours des années et Paul Defranc s’en occupait avec un vigneron : Jean Falconnet. Il avait obtenu plusieurs récompenses pour ses vins rouges et blancs lors de concours à Paris dont une médaille d’argent à l’exposition universelle de 1900 dans la catégorie des vins ordinaires.

La photo met en scène cinq hommes en longs tabliers et casquettes, place de Siry, devant la maison du 20 rue des Templiers. À gauche, un homme tourne la roue d’un pressoir horizontal monté sur roues. Il presse les raisins qui sont enfermés dans une cage carrée en bois. Le jus se déverse sur une « maie » qui est un bac situé dans la partie basse du pressoir. Il s’écoule par une « goulotte » dans un demi-muid, le muid étant synonyme de tonneau. Le jus est ensuite transvasé dans une «tine». La tine est un demi-tonneau dont deux douelles plus longues que les autres, placées en opposition, sont percées pour former des anses ou oreilles, dans lesquelles est passé un bâton appelé « tineau ». L’ensemble repose sur les épaules de deux hommes qui avancent l’un derrière l’autre pour transporter le jus jusqu’au fût où il sera transvasé. Juché sur le pressoir, un homme tient un marteau à la main. Deux manches de « grappine » pour égaliser la vendange dépassent de la cage en bois. Près du chasse-roue, à l’angle gauche de la maison, deux « benatons » ou paniers à vendange sont posés sur une brouette. Ils sont accompagnés d’un petit baquet en bois appelé sapine.

Sigrid Pavèse avec la collaboration de Bruno Lautrey, Jean-Christophe Lornet, Jean-Louis Nageotte, Élisabeth Réveillon.
Site : www.lesamisduvieuxfontaine.org (Publication juin 2019)

Sortie annuelle des Amis du Vieux Fontaine à Saint-Apollinaire

Samedi 22 juin 2019
Rendez-vous à 14 h 30 devant l’église Saint-Apollinaire.

Inscription obligatoire avant le 8 juin 2019 via:

la page de contact ou en renvoyant le Bulletin d’inscription Sortie S. Apollinaire imprimé à l’adresse de l’association (voir la page de contact)

Histoire du village Saint-Apollinaire : la reine Clovis assure la construction de la chapelle initiale vers l’an 500, Saint Apollinaire de Ravennes, la domination par l’abbaye Saint Bénigne de Dijon ; l’exploitation des vignobles, la culture de céréales, l’arrivée de l’urbanisation et la devise en final à droite “Fay bien et laisse dire”. Hall de l’espace Tabourot des Accord, vitrail de Marcel Weinling (Cliché Roland Bugada).

Conférence

Dans le cadre des midis au musée, à l’occasion de la mise en place d’une borne tactile pour présenter le Grand reliquaire de saint Bernard conservé au musée d’art sacré de Dijon, Sigrid Pavèse échangera avec le public à propos de cette importante œuvre de l’art religieux du XIXe siècle.

Musée d’art sacré
17 rue Sainte-Anne
21000  Dijon

Jeudi 11 avril 2019 de 12 h 30 à 13 h 30

Gratuit – Réservation au 03 80 48 88 77

Le Suzon en 1962

Vue vers l’aval depuis le carrefour du boulevard Gallieni, sur Dijon, à gauche, avec le chemin Saint-Martin, à droite, sur Fontaine-lès-Dijon. Cliché Roger GAUCHAT. Bibliothèque municipale de Dijon. Est. 2101.

Le tronçon du Suzon que l’on aperçoit en 1962 est aujourd’hui couvert. Cette couverture était prévue avant la Seconde Guerre mondiale et les peupliers qui bordent les rives sont coupés dès 1942, mais le conflit modifie les priorités et la réalisation du chantier est repoussée à 1963[1].

Dans cette partie, le lit du Suzon n’est pas naturel. Le tracé originel longeait à peu près celui de la rue de Jouvence aménagée en 1884, dont on aperçoit le débouché à droite. Cette dérivation, datée  de 1524, avait été établie pour prévenir les inondations. Là, le Suzon reçoit les eaux ruisselées des secteurs aujourd’hui urbanisés de Dijon, Talant et Fontaine-lès-Dijon via les réseaux d’eaux pluviales, les avaloirs de rues et les débordements du réseau unitaire. Sa rive droite sert de voie publique. De la route d’Ahuy à la place du Général Estienne, c’est l’ancien chemin d’Ahuy, dénommé rue du Général Fauconnet en 1883.

Sur cette portion, le Suzon est enjambé par quatre passerelles en bois appelées planches ou planchottes dont une est visible sur le cliché et par un pont en pierre établi avec les matériaux de démolition du château de Dijon[2] pour remplacer, en 1895, le pont de bois situé en face de l’actuelle rue de la Houblonnière.

Après 1871, de nouvelles populations sont attirées par l’expansion économique de Dijon. Poussés par l’exode rural ou chassés de l’Alsace-Lorraine, des habitants misérables s’installent entre la rive droite du Suzon et la rue de Jouvence, dans des quartiers lotis par des Fontainois comme Étienne Gérard, qui crée une rue connue sous le nom de rue de la Révolte puis rue de Nouméa, devenue en 1928, la rue Léouzon-Le-Duc. Son cousin, Bernard Gérard, ouvre en 1885 la rue des Mûriers. De pauvres gens y vivent dans les baraques du bidonville appelé Nouméa et les masures de la cité des Kroumirs. Les anciens de Fontaine se souviennent avec effroi et compassion de ces quartiers malfamés avec leurs bistrots pour les soldats des casernes voisines et de la salle de danse de la rue des Mûriers, abritée dans un hangar en planches de 1881 à 1955[3].

[1] ICOVIL, Dijon et son agglomération, tome 1 p. 51 et 469-470.
[2] BAZIN (Jean-François), Le Tout Dijon, Dijon, Cléa, p. 475.
[3] Ibid., p. 658