Sortie annuelle des Amis du Vieux Fontaine à Saint-Apollinaire

Samedi 22 juin 2019
Rendez-vous à 14 h 30 devant l’église Saint-Apollinaire.

Inscription obligatoire avant le 8 juin 2019 via:

la page de contact ou en renvoyant le Bulletin d’inscription Sortie S. Apollinaire imprimé à l’adresse de l’association (voir la page de contact)

Histoire du village Saint-Apollinaire : la reine Clovis assure la construction de la chapelle initiale vers l’an 500, Saint Apollinaire de Ravennes, la domination par l’abbaye Saint Bénigne de Dijon ; l’exploitation des vignobles, la culture de céréales, l’arrivée de l’urbanisation et la devise en final à droite “Fay bien et laisse dire”. Hall de l’espace Tabourot des Accord, vitrail de Marcel Weinling (Cliché Roland Bugada).

Conférence

Dans le cadre des midis au musée, à l’occasion de la mise en place d’une borne tactile pour présenter le Grand reliquaire de saint Bernard conservé au musée d’art sacré de Dijon, Sigrid Pavèse échangera avec le public à propos de cette importante œuvre de l’art religieux du XIXe siècle.

Musée d’art sacré
17 rue Sainte-Anne
21000  Dijon

Jeudi 11 avril 2019 de 12 h 30 à 13 h 30

Gratuit – Réservation au 03 80 48 88 77

Le Suzon en 1962

Vue vers l’aval depuis le carrefour du boulevard Gallieni, sur Dijon, à gauche, avec le chemin Saint-Martin, à droite, sur Fontaine-lès-Dijon. Cliché Roger GAUCHAT. Bibliothèque municipale de Dijon. Est. 2101.

Le tronçon du Suzon que l’on aperçoit en 1962 est aujourd’hui couvert. Cette couverture était prévue avant la Seconde Guerre mondiale et les peupliers qui bordent les rives sont coupés dès 1942, mais le conflit modifie les priorités et la réalisation du chantier est repoussée à 1963[1].

Dans cette partie, le lit du Suzon n’est pas naturel. Le tracé originel longeait à peu près celui de la rue de Jouvence aménagée en 1884, dont on aperçoit le débouché à droite. Cette dérivation, datée  de 1524, avait été établie pour prévenir les inondations. Là, le Suzon reçoit les eaux ruisselées des secteurs aujourd’hui urbanisés de Dijon, Talant et Fontaine-lès-Dijon via les réseaux d’eaux pluviales, les avaloirs de rues et les débordements du réseau unitaire. Sa rive droite sert de voie publique. De la route d’Ahuy à la place du Général Estienne, c’est l’ancien chemin d’Ahuy, dénommé rue du Général Fauconnet en 1883.

Sur cette portion, le Suzon est enjambé par quatre passerelles en bois appelées planches ou planchottes dont une est visible sur le cliché et par un pont en pierre établi avec les matériaux de démolition du château de Dijon[2] pour remplacer, en 1895, le pont de bois situé en face de l’actuelle rue de la Houblonnière.

Après 1871, de nouvelles populations sont attirées par l’expansion économique de Dijon. Poussés par l’exode rural ou chassés de l’Alsace-Lorraine, des habitants misérables s’installent entre la rive droite du Suzon et la rue de Jouvence, dans des quartiers lotis par des Fontainois comme Étienne Gérard, qui crée une rue connue sous le nom de rue de la Révolte puis rue de Nouméa, devenue en 1928, la rue Léouzon-Le-Duc. Son cousin, Bernard Gérard, ouvre en 1885 la rue des Mûriers. De pauvres gens y vivent dans les baraques du bidonville appelé Nouméa et les masures de la cité des Kroumirs. Les anciens de Fontaine se souviennent avec effroi et compassion de ces quartiers malfamés avec leurs bistrots pour les soldats des casernes voisines et de la salle de danse de la rue des Mûriers, abritée dans un hangar en planches de 1881 à 1955[3].

[1] ICOVIL, Dijon et son agglomération, tome 1 p. 51 et 469-470.
[2] BAZIN (Jean-François), Le Tout Dijon, Dijon, Cléa, p. 475.
[3] Ibid., p. 658

La cabane du chemin des Vaux

Les vestiges de la cabane du chemin des Vaux (Cliché S. Pavèse, novembre 2018)

Lorsque les fondations d’une cabane, repérée sur le cadastre de 1851, ont été mises au jour, en novembre 2018, lors de la réfection du mur nord de l’enclos des Feuillants, nous avons interrogé Madeleine Festeau-Sicardet pour savoir si elle avait gardé le souvenir de cet édicule. Voici son témoignage.

« Mes souvenirs sont ceux d’une enfant de moins de 8 ans, naïve, insouciante et peu observatrice. J’ai appris le mot « cabotte » quand les vignerons et les médias ont mis l’accent sur les climats. Je ne connaissais pas d’autres cabanes ou cabottes à Fontaine. Dans la famille on parlait de celle-ci comme de « la cabane des Duperat » : on ne mettait pas de « monsieur » car les hommes entre eux, et les femmes aussi, allaient au plus court. Cet homme de Daix, célibataire, vivait avec sa sœur, de même situation[1]. J’admirais le verger[2] bien entretenu[3] par eux.
La cabane était à droite en entrant dans le verger, à quelques pas du chemin des Vaux. Elle était très rustique. L’eau de pluie coulait du toit. Elle était montée en laves et couverte de même. Le sol était en terre battue. Deux bancs pour s’asseoir, aussi en laves[4], garnissaient les murs de chaque côté. La cabane n’avait pas de porte mais l’ouverture était relativement large. Dans le fond, on apercevait un morceau de ciel car une pierre avait été enlevée ou était tombée. La cabane n’était pas très haute. Il me semble qu’une personne de grande taille aurait eu du mal à s’y tenir debout.
Je n’ai pas connu de cheminée. Cette petite attraction était sans doute ancienne. Le mur du fond, pas très haut[5], semblait avoir été élevé sur le mur d’enceinte du champ cultivé le long du chemin qui rejoignait, en haut, le Bois des Pères[6].
Ouverte côté nord, elle appartenait à tout le monde. À part un abri de mauvais temps, elle ne servait pratiquement à rien. Personne n’y entreposait quoi que ce soit mais on y mettait pour quelques heures la boisson et nos casse-croûte.
J’y passais du temps avec une petite cousine. C’était un endroit magique. La maison toute faite, comme un chalet, nous appartenait, à nous deux, pour jouer avec nos enfants imaginaires… Nos parents, au travail dans leur vigne, savaient où nous étions… De l’autre côté du chemin, en effet, était la grande vigne entretenue par mes parents qui a été arrachée vers 1968.
En passant un jour, après bien longtemps, je n’ai plus vu ni cabane, ni verger. C’était comme un trou. Elle manquait cette cabane… »

[1] André Duperat, né à Daix en 1909 était divorcé. Sa sœur, Berthe, cultivatrice, née en 1898, était célibataire.
[2] Aujourd’hui, le verger de Fontaine.
[3] André Duperat était arboriculteur.
[4] Pierres plates calcaires provenant en général de l’épierrement des sols.
[5] Indication possible d’un toit à une seule pente.
[6] Dans le parc Saint-Bernard.