Fontaine-lès-Dijon dans Le Bien public de 1971

1971 est une année d’élections municipales et le maire sortant Jean Souny ne se représente pas. Au premier tour, les 2 499 électeurs ont le choix entre 4 listes et 92 candidats pour élire 23 conseillers. Jusqu’aux élections de 1983,  les voix sont en effet décomptées par candidats et non par liste pour les communes de 3500 à 30 000 habitants, et Fontaine compte, en 1971, 4 250 habitants. Toutes les listes se déclarent apolitiques, mais la politisation est en germe.   Une section locale du parti socialiste et un groupe UDR (Union des Démocrates pour la République, mouvement gaulliste fondé en 1967 par Georges Pompidou) sont créés à Fontaine et des membres de chaque parti sont candidats dans deux des listes. Au premier tour, aucun candidat n’est élu. La liste d’union démocratique où était présent le PS se retire, faute de pouvoir s’entendre avec l’une des listes et deux listes fusionnent, dont une où se trouvent des UDR mais cette nouvelle liste n’aura aucun candidat élu. Ce sont les candidats de la liste conduite par Pierre Jacques qui sont élus et 4 sont des sortants. Pierre Jacques, qui a été élu de justesse, est un homme déterminé et qui voit grand. Il marque rapidement de son empreinte les débuts de son mandat. Il poursuit les travaux d’assainissement et, d’emblée, stoppe les tentatives de promoteurs immobiliers pour contruire des tours à Fontaine. Il conserve dans le domaine public le sentier de l’Église et lance une audacieuse politique d’acquisition de terrains, qui serviront à créer des équipements municipaux soit par lui, soit par ses successeurs : centre d’animation, parc sportif, groupe scolaire, mais aussi des espaces verts : parc des Basses Combottes, verger de Fontaine et ses abords. Il demande la création d’un bureau de poste de plein exercice et se déclare prêt à en assurer la réalisation et, en attendant, il fait en sorte qu’un bureau de poste mobile se tienne pendant une heure les mardis et jeudis à la disposition des habitants, à proximité de l’école maternelle des Carrois. Il fait aménager la carrière de la Fin, à l’origine du futur complexe sportif des Cortots, fait élargir la rue du faubourg Saint-Nicolas dans la partie comprise entre la rue des Saverney et le boulevard des Allobroges, fait installer les feux de croisements synchronisés au carrefour Ahuy-Allobroges-Saint-Martin, menace les entrepreneurs de la nouvelle mairie de pénalités s’ils ne respectent pas les délais, équipe un atelier communal avec des machines et de l’outillage pour éviter de faire appel à des entreprises « dont les coûts d’interventions sont exorbitants ». Cependant, il ne renforce pas le personnel de voirie et met à la charge des riverains le nettoyage des trottoirs, promettant de les asphalter lorsque les travaux d’assainissement seront terminés. Par ailleurs, il fait dépierrer le terrain du futur stade des Porte-Feuilles par des bénévoles qui enlèvent 20 tonnes de cailloux ! Il annonce l’entrée en fonction à la mairie d’une permanence de l’assistante sociale chargée du secteur de Fontaine, décide de la création de la rue du général de Gaulle et demande l’établissement d’une zone d’activités de 5 ha. Il instaure un comité des fêtes qui, avec le concours de nombreuses bonnes volontés, inaugure une bibliothèque municipale ouverte le samedi après-midi dans les locaux de la mairie, laquelle se trouve toujours en haut du bourg, fait remettre aux personnes de plus de 70 ans un panier de Noël, leur offre un repas dans la salle de la future école maternelle des Saverney, organise un cyclo-cross sur la butte et prévoit un club du troisième âge. Sur le plan culturel, le Grenier de Bourgogne organise à l’école des filles un atelier théâtre et un atelier pictural pour les enfants. Fontaine entre dans l’ère des loisirs.

La demande de concertation, sensible au moment des élections municipales chez ceux qui dénoncent le manque d’association de la population aux décisions, se confirme avec la création d’un conseil de parents d’élèves dans la commune. On sent que l’année 1971 marque un tournant, avec un refus de laisser gérer la chose publique par les seuls « initiés ».

Le reste de l’année est rythmé par les traditionnels comptes rendus ou annonces de manifestations : jeudis de neige, concours de la prévention routière, kermesse, cérémonies patriotiques, concert de l’Eau vive, élèves admis à l’entrée en 6e, présentation des travaux des enfants des écoles maternelles, concours des maisons fleuries, pèlerinage, banquet des pompiers pour la sainte Barbe, arbres de noël des maternelles.

En ce qui concerne les faits divers, le correspondant de presse s’attendrit sur la libération du « cygne de Monsieur Souny » par deux pompiers municipaux, réveillés dans la nuit de Noël par la gendarmerie de Plombières prévenue par un passant : il avait une patte prise dans l’eau de la mare gelée. En revanche, il fustige ceux qui une semaine plus tard, dans la nuit de la saint Sylvestre, ont cambriolé une dizaine de villas, tordu le cou à trois canards de la mare pour les mettre à la cocotte et fait disparaître la pancarte « patinage interdit » clouée à trois mètres du sol…

Sigrid Pavèse

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES AMIS DU VIEUX FONTAINE 2026

Les Amis du Vieux Fontaine vous invite à participer à leur assemblée générale ordinaire qui se tiendra vendredi 23 janvier 2026 au Centre d’Animation Pierre Jacques, à 18 h, salle 1. L’assemblée générale est ouverte à tous mais seuls les adhérents à jour de leur cotisation 2025 peuvent exercer leur droit de vote.

Les délibérations porteront sur l’ordre du jour suivant :

  • Présentation du rapport moral.
  • Présentation du rapport d’activités.
  • Présentation du rapport financier.

Les candidatures pour s’investir comme membre du bureau sont à envoyer à la présidente avant l’assemblée générale.

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Accoler ou lier la vigne avant le phylloxéra à Fontaine-lès-Dijon

Dessin de A. DU BREUIL, 1863 *

On attachait la vigne en plantant le paisseau puis, lorsqu’elle avait atteint assez de hauteur et qu’on pouvait craindre qu’elle soit abattue par le vent[1] , on l’attachait à nouveau. C’était l’accolage (littéralement : attacher par le col ou cou). On fixait les pampres de la vigne avec un ou deux liens à l’échalas qui leur servait de tuteur. Ces liens étaient ordinairement faits à Fontaine avec de la paille de seigle coupée à 30 cm de longueur (un pied) et mise à tremper la veille pour lui donner plus de flexibilité. C’étaient ordinairement les femmes qui étaient chargées de ce travail, donné à faire à la tâche à des manouvrières, quand ce n’était pas à la famille. Elles s’en acquittaient le plus rapidement possible, sans attention particulière. Elles saisissaient des deux mains les pampres, les rapprochaient et les liaient serrés à l’échalas ; où ils se trouvaient attachés en forme de botte, surtout s’ils étaient liés à deux liens. La moitié des grappes ainsi renfermées étaient privées des rayons du soleil et mûrissaient imparfaitement, surtout celles placées au nord des ceps. La maturité était ralentie, mais on craignait moins la pourriture après les pluies que la brûlure du soleil. On accolait donc à nouveau quand l’époque des grandes chaleurs était passée en ordonnant mieux les rameaux pour donner de l’air et du soleil au fruit et favoriser sa maturation.

Sigrid Pavèse

* Chargé de cours de viticulture au conservatoire impérial des arts et métiers dans Culture perfectionnée et moins couteuse du vignoble, Paris, 1863. Bibliothèque municipale de Dijon.

[1]GENRET-PERROTTE, Rapport sur la culture de la vigne et la vinification dans la Côte-d’Or présenté le 2 octobre 1853 au Comité central d’agriculture de Dijon, Dijon, 1854. Fontaine-lès-Dijon, question 33.