Les missionnaires de saint Bernard vers 1913

Archives diocésaines de Dijon, Fonds Delaborde, 8D 147.4.2

Cette photographie de cinq missionnaires diocésains de Saint-Bernard a été prise sur la terrasse dominant le portique de la Maison natale, devant le dôme couvert d’ardoise. Elle a été réalisée avant 1913. À cette époque, la terrasse était simplement dallée en pierre ; elle est aujourd’hui recouverte d’un revêtement en zinc pour une meilleure étanchéité.

Les cinq missionnaires, gardiens de la maison natale de saint Bernard, portent la tenue du clergé diocésain : une soutane agrémentée d’un rabat. Cette pièce d’étoffe amovible masquant l’échancrure du col est un accessoire caractéristique du costume ecclésiastique français de cette période.

À gauche, assis dans un fauteuil, portant sur sa soutane un camail, sorte de courte pèlerine, se trouve l’abbé Jules Richard (1846-1919), curé de Fontaine de 1887 à 1891. Durant son ministère dans la commune, il fit construire une école presbytérale qui deviendra plus tard la Maison de Béthanie. À ses côtés se tient l’abbé Louis Cyrot (1874-1942). Il est assis comme deux autres missionnaires sur le rebord en pierre situé à la base de la couverture du dôme.

Au centre, debout,  figure l’abbé Gustave Chevallier (1849-1917). La barrette qu’il porte, bonnet carré rigide à trois « cornes » surmonté d’une houppe de soie, marque sa qualité de supérieur des missionnaires de Saint-Bernard, fonction qu’il exerça de 1909 à 1913.Gustave Chevallier est notamment l’auteur d’une Histoire de saint Bernard, publiée en 1888, qui connut un grand succès avant d’être supplantée par celle d’Elphège Vacandard. À sa gauche, se trouve l’abbé Édouard Krau (1876-1954).

Enfin, à l’extrémité droite du groupe, apparaît l’abbé Joseph Romain (1878-1963), qui fut curé de Fontaine de 1935 à 1963.

Sigrid Pavèse avec la collaboration d’Élisabeth Réveillon

La réhabilitation d’un bénitier du XVIIIe siècle dans l’église Saint-Bernard de Fontaine-Lès-Dijon

C’était une vasque exposée à la vue de tout le monde dans l’église Saint-Bernard. Depuis au moins un demi-siècle, elle reposait à même le sol dans un coin de la chapelle Saint-Bernard. Son origine était inconnue. Chacun voyait bien qu’elle n’était pas à sa place, mais faute de savoir ce que c’était et puisqu’elle ne gênait pas, elle était restée là.

En 2023, un prêtre, don Axel de Toulmont, alors en fonction dans la paroisse, informa les Amis du Vieux Fontaine qu’il s’agissait d’une cuve de bénitier qui méritait peut-être d’être réhabilitée.

L’église Saint-Bernard étant inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques, l’association sollicita l’avis d’un conservateur du patrimoine. Celui-ci identifia immédiatement une cuve de bénitier du XVIIIe siècle ornée d’un décor à godrons, un motif constitué d’une succession d’ovales en relief évoquant des coquilles ou des pétales. L’objet avait en outre conservé sa doublure métallique d’origine, ce qui était assez rare, et présentait une jolie mouluration. Toutes ces qualités justifiaient sa mise en valeur.

Comme l’église Saint-Bernard, construite avant 1905, appartient à la commune, le maire, Patrick Chapuis,  fut averti. Il contacta la Commission d’art sacré de la Côte-d’Or (CDAS) qui proposa le dessin d’un piédestal. Le projet fut validé par la commune et par le curé de la paroisse.

Les travaux furent financés par la Ville de Fontaine maître d’ouvrage de la réhabilitation. La réalisation fut confiée à la société Tandem dirigée par Florence Harvengt à Semur-en-Auxois, spécialisée dans la conservation et la restauration d’œuvres. La taille de la pierre du piédestal fut exécutée par Simon Ledugne, de l’atelier du Menhir à Torcy-et-Pouligny, route de Semur-en-Auxois. Le choix s’est porté sur une pierre calcaire proche de celle du bénitier. Avec ses lignes rouges correspondant à des bandes d’impuretés naturelles souvent ferreuses piégées dans la roche au moment de sa formation, cette pierre a été difficile à trouver car elle provenait de carrières aujourd’hui disparues.

Le fait que le bénitier ne présente pas de godrons sur une face indique qu’il était à l’origine adossé à un mur. En janvier 2026, sur les conseils de la CDAS, il a été installé sous le porche de l’église, à la place de l’ancien bénitier, lequel a été mis dans la chapelle Saint-Bernard. En retrouvant sa fonction première, ce bénitier avec sa cuve tricentenaire et son nouveau piédestal met en valeur l’entrée principale par la qualité plastique de ses formes et l’élégance de ses volumes.

 

Sigrid Pavèse

 

 

L’inscription « FRVCTVS IVSTITIÆ PAX » sous le portique de la Maison natale de saint Bernard

© J. Boilletot

En 1955, le jour de la fête de saint Bernard, l’évêque de Dijon, Mgr Sembel, découvre la plaque commémorative du VIIIe centenaire de la mort de saint Bernard placée sous le portique de la Maison natale de saint Bernard. L’inscription en français est surmontée d’une citation latine : FRVCTVS IVSTITIÆ PAX, que l’on peut traduire par « Le fruit de la justice est la paix » tirée de la Bible et qui est une version abrégée d’un verset du livre d’Isaïe, chapitre 32, verset 17. Elle indique que la justice est la seule base d’une paix durable. Sans justice, les frustrations s’accumulent et mènent au conflit. La formule latine plus concise que le français, donne un ton solennel à l’inscription et peut faire croire qu’elle est de saint Bernard, ce qu’elle n’est pas.

Dans le contexte de l’après-guerre, pour un grand nombre de dirigeants ecclésiastiques et laïcs, la paix doit reposer sur le droit plutôt que sur la force et la justice ne pas être seulement punitive mais réparatrice. C’est ainsi que dès la fin du conflit, les crimes de guerre et contre l’humanité sont jugés pour ne pas rester impunis. Parallèlement, des règles communes sont établies avec la création d’institutions internationales comme l’O.N.U. en 1945 afin de maintenir la paix par le droit ou comme la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée en 1948 relative au respect de la dignité humaine. Toutes ces initiatives affirment que la paix n’est pas seulement militaire mais juridique et politique. Cependant, elles ne peuvent empêcher les tensions idéologiques de conduire au début de la Guerre froide en 1947, aussi l’Église renouvelle-t-elle par le biais de cette plaque son appel à une paix qui repose sur la justice et non sur l’équilibre des forces.

Certes, la citation peut aussi se comprendre à l’aune des pratiques illégales, du favoritisme, de la corruption ou du manque de transparence qui diminuent la confiance dans les institutions, ne garantissent pas l’équité, génèrent tensions et instabilité sociale.

Cependant en 1955, c’est dans le contexte de la réconciliation franco-allemande que la citation prend surtout son sens. En effet, la guerre a profondément marqué la France et l’Allemagne. Les ressentiments rendent difficiles la coexistence entre les deux nations. L’Église pense que l’instauration d’une coopération équitable peut transformer l’hostilité en partenariat et assurer la paix qu’elle défend. C’est pourquoi, en 1951, elle voit dans la Communauté Économique du Charbon et de l’Acier, entre six pays dont l’Allemagne, un moyen de restaurer la justice et la confiance mutuelle. Deux ans plus tard, dans le cadre des commémorations du VIIIe centenaire de la mort de saint Bernard, parmi les fondateurs de la CECA, les chrétiens démocrates Robert Schuman et Konrad Adenauer posent à Spire (Allemagne) la première pierre d’une église de la Paix-Saint-Bernard destinée à symboliser la réconciliation franco-allemande[1]. L’année suivante, en 1954, l’Église soutient le traité de Paris qui marque la fin de l’occupation alliée en Allemagne de l’ouest, accorde à la République Fédérale d’Allemagne une autonomie politique et économique et l’intègre à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. En redonnant des droits et une place à l’Allemagne de l’Ouest et en encadrant cette réintégration par des alliances et des règles communes, les accords concilient acte de justice et paix, réduisant ainsi les risques de revanche, source des conflits passés.

L’inscription de la plaque commémorative, rappelle l’hommage rendu au saint en 1953, souligne ses mérites et lui confie notamment la cause de la paix. Après la Deuxième Guerre mondiale, elle appelle, par la citation mise en valeur au début, à associer la paix à la justice comme l’a fait le saint, notamment dans ses Sermons sur le Cantique des cantiques. Même si pour lui la justice n’est pas juridique mais spirituelle et si la paix doit d’abord être intérieure,  saint Bernard a apaisé des conflits et promu une justice fondée certes sur la foi mais aussi sur l’équité.

 

Sigrid Pavèse

[1] « 1953 : « Une pierre du château de Fontaine-lès-Dijon pour la réconciliation entre la France et l’Allemagne», Bulletin des Amis du Vieux Fontaine, n° 164, décembre 2022.

Un dessin d’architecture de l’église Saint-Bernard de Fontaine-lès-Dijon vers 1920

Dessin d’architecture et de décoration « Église de Fontaine les Dijon », Librairie Alain Cambon et librairie Raphaël Thomas, catalogue n° 21. 2017, encre de chine et lavis, 64,8 x 98,8 cm.

Cette représentation de l’église de Fontaine-lès-Dijon a été réalisée par des élèves de l’École des Beaux-Arts de Dijon. C’est un exercice de relevé ou de copie en plans, coupes, élévations et détails. La Cité de l’architecture possède un exemplaire de ce type d’exercice qui a fait l’objet d’un concours vers 1920-1922[1]. Plusieurs représentations de ce genre ont été conservées dans les archives de l’école et leur qualité est variable. L’exemplaire qui est présenté dans le catalogue a été rogné sur les quatre côtés, ce qui lui fait perdre beaucoup de sa valeur.

Dans ce document graphique, l’absence de porche n’est pas significative. L’escalier de la porte de la façade sud est présent dans le plan de l’architecte Charles Sauger dressé en 1863 et conservé aux archives diocésaines[2]. Charles Sauger a été chargé des restaurations et de la consolidation de l’église, en 1876, après les dangereux désordres survenus dans la voûte du bas-côté sud.

Cet exercice a été repris par l’architecte Robert Besson vers 1980 avec ses étudiants en architecture. Robert Besson s’était inspiré d’un travail qu’il avait fait avec son professeur M. Balme, lorsque lui-même était étudiant. Les plans au 1/50e sous la direction de M. Besson, qui ont été trouvés dans les archives du Père Philbée, ont été confiés aux Amis du Vieux Fontaine par un héritier. Avec l’accord de M. Besson, ils ont été déposés aux archives départementales de Côte-Or, par les Amis du Vieux Fontaine en 2011 et sont cotés dans la sous-série 23 Fi, où ils peuvent être consultés.

Sigrid Pavèse

 

[1] Centre d’archives d’architecture du XXème siècle de la Cité de l’architecture etdu patrimoine, Institut français d’architecture. Inventaire de l’œuvre scolaire. Fonds Louis Simon (1901-1965) n° 053 Ifa. N.D. vers 1920-1922. Professeur Charles Arsène Danne. Consulté le 12 mars 2011.
[2] Archives diocésaines de Dijon. 278 B. Cote non actualisée.

Fontaine-lès-Dijon dans la tibériade de 1717

Tibériade, vue générale et extrait désignant l’emplacement des villages, métairies, chemins, rivières d’Ouche et de Suzon dépendant de la banlieue de Dijon, 1717 © Archives municipales de Dijon.

Pour les 10 ans de l’inscription des climats au patrimoine mondial de l’UNESCO, les archives municipales de Dijon ont exposé en salle de lecture des plans qui témoignent de la présence ancienne de la vigne à Dijon et aux alentours, notamment la Grande Tibériade du XVIe siècle au format spectaculaire. Si Fontaine est absente de cette dernière carte, qui représente la vallée de l’Ouche, en revanche le territoire de la commune apparaît dans une tibériade plus tardive datant de 1717[1]. Ce plan non coloré, collé sur toile, monté sur corniches en bois en haut et en bas, mesure environ 1,44 m de large sur 1,34 m de hauteur.

En Bourgogne, à partir de la seconde moitié du XVe siècle, les tibériades sont des cartes dressées pour représenter la situation de lieux de contentieux. La tibériade de 1717, qui comporte une échelle en perches, chaque perche ayant 19 pieds (6,13 m), a été commanditée par la Ville de Dijon, l’abbaye Saint-Étienne et l’abbaye Saint-Bénigne, pour établir, à frais communs, les confins de la banlieue de Dijon et représenter ainsi les droits respectifs de chaque partie. Sur un tel plan, il ne faut pas chercher une restitution exacte de l’espace. Seuls les lieux litigieux, c’est-à-dire les franges de la banlieue sont représentées. Comme le territoire de Fontaine est entièrement compris dans la banlieue de Dijon mais que ni Talant, ni Daix n’en relèvent, les frontières de la banlieue sont celles du finage de Fontaine avec ceux de Talant et Daix. En revanche, la séparation entre le finage de Fontaine et celui d’Ahuy avec ses décrochements caractéristiques, n’apparaît pas, car seul le tracé de la banlieue est marqué et dessine à cet endroit une ligne droite de la croix de la Fin de Fontaine, située à l’entrée de la ruelle au Beau qui fait partie d’Ahuy, à la croix de la Maladière sur le chemin de Messigny (aujourd’hui de Dijon) à Ahuy. La banlieue mord donc sur une petite partie d’Ahuy d’où d’incessants conflits de juridiction avec l’abbaye de Saint-Étienne dont Ahuy relevait. C’est pourquoi à Ahuy, de nouvelles bornes sont posées, ce qui n’est pas le cas entre Fontaine, Daix et Talant.

Comme ces cartes ont pour origine des conflits de limites, elles résultent d’enquêtes minutieuses réalisées sur le terrain. C’est ainsi que le territoire de la banlieue est arpenté et borné, en vertu de la délibération de la Chambre de Ville du 21 août 1715[2], par André Gambu père, tandis que la carte est dessinée par Bernard Gambu fils, arpenteur-juré du roi en la maîtrise particulière des Eaux et Forêts[3]. Il a fallu 18 jours au père entre 1715 et 1717 pour reconnaître le tracé et 10 au fils pour dresser la carte. Le paiement de ce travail est acquitté entièrement par le receveur de la Ville en 1723[4]. Pour reconnaître le finage de la banlieue de Dijon, l’arpenteur est accompagné par Chenevet, échevin de la Ville de Dijon, et par deux experts désignés par les abbés de Saint-Étienne et de Saint-Bénigne et agréés par la Ville, les nommés Jeoffroy, vigneron demeurant rue Roulotte à Dijon et Debonnaire, manouvrier au faubourg Saint-Nicolas.

Dans ce document, même si le village de Fontaine est grossièrement symbolisé, on devine une modeste bourgade dont les maisons sont groupées au pied de la colline dominée par l’église et le monastère des Feuillants. Le dessin de ce dernier est sommaire, mais suffisant pour montrer le bâtiment neuf construit par les moines, ainsi que le clocher-tour de leur église surmonté d’un lanternon et d’une croix. La carte fournit également des détails sur les grands vignobles de l’ouest de la commune et précise leur toponymie : Grands-Champs, Combottes, Créots, « Juttriot » en limite de Talant, les Côtes d’Ahuy et les vignes « dittes Les Clos de Baise » en limite de Daix[5]. Cette dernière appellation pourrait désigner une propriété possible de l’abbaye bénédictine de Bèze par le passé. Le reste du paysage est constitué de terres tandis que les Charmes d’Aran, comme leur nom l’indique, sont des friches aux contours nets et biens délimités.

Cette tibériade offre aussi des informations sur les repères spatiaux retenus par les enquêteurs. Pour Fontaine, il s’agit de trois croix. La croix au carrefour des 5 rues (actuellement Arandes, Bourgogne, Grands-Champs, Combottes, Herriot) est accompagnée à proximité d’une borne plantée sur le chemin de Daix à Dijon pour limiter la banlieue avec Talant et d’une autre à l’angle de la rue des Arandes et de la rue Herriot. Celle sur le chemin de Daix est en pierre blanche, haute d’1 pied et ½ (48 cm), épaisse de 6 pouces (12,5 cm). Elle est aux armes de Dijon sur une face et porte la date de 1570, tandis que l’autre face est brute, comme la borne actuellement conservée dans la tour de la Confrérie à Talant[6]. La croix d’Aran, au milieu du carrefour de l’actuel chemin des Charmes d’Aran et de la rue des Peupliers, sert quant à elle de borne à la banlieue de Dijon avec les finages de Talant et de Daix tandis que la croix de la Fin de Fontaine, à l’entrée d’Ahuy, comporte en plus une borne à son pied. Toutes ces croix et bornes inviolables, fruits de siècles de combats et de négociations et qui n’avaient rien de décoratif, ont été effacées alors que ces monuments rendaient perceptibles des délimitations restées dans le dessin actuel de la commune. Quant aux chemins et grands chemins, ce sont ceux d’aujourd’hui sous des appellations parfois différentes comme la D 107 pour le chemin de Daix.

Cette carte est donc une source iconographique importante par les tracés qu’elle fournit, aussi bien que par les informations qu’elle donne sur des éléments de paysage d’un des confins de Fontaine au XVIIIe siècle.

Sigrid Pavèse

 

[1] Archives municipales de Dijon (AMD), 4 Fi 778.
[2] AMD, K4 : Requête adressée au maire et aux échevins par Bernard Gambu pour paiement des journées employées, 3 février 1720. À cette date, André Gambu père étant décédé, Bernard en a les droits.
[3] Bernard Gambu et son père André sont connus pour avoir réalisé l’Atlas de Cîteaux.
[4] AMD, K4 : Paiement de 100 livres le 21 mars 1722 et de 140 livres le 20 novembre 1723.
[5] Tous ces toponyme figure sur le cadastre napoléonien à l’exception des « des Clos de Baise ».
[6] https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00112685 La notice indique 1370, mais il s’agit bien de 1570. Cette borne serait l’une des deux bornes indiquées dans la tibériade et situées à l’angle du boulevard des Clomiers et de la route de Troyes.

L’ancien parc Mugnier , 23 rue Jehly-Bachellier et 1 rue des Créots

Pour le réaménagement de l’ancienne clinique, une note écologique a été réalisée par « Faune, Flore et Environnement » en octobre 2022[1] afin d’identifier les enjeux faunistiques et floristiques du site. Elle concerne les deux espaces arborés au sud-est et au nord-est, protégés par le Site Patrimonial Remarquable (SRI) de Fontaine-lès-Dijon.

Actuellement, le parc arboré est composé de 15 espèces d‘arbres de haute tige. Le boisement est mixte, avec des résineux et des arbres à feuilles caduques. Ce sont de vieux arbres dont certains sont tombés à terre, tandis que d’autres encore debout sont des chandelles dépérissant. Les érables sont attaqués par un champignon, le Rhytisma.

L’intérêt écologique des sujets vieillissants est reconnu et les trous de pics sont nombreux. Les cavités ainsi formées attirent les espèces cavernicoles typiques telles que les mésanges, le rouge-gorge, le rouge-queue et l’étourneau. La canopée fait venir les corneilles et les geais. L’habitat est trop boisé pour le moineau domestique qui est donc absent mais il est potentiellement favorable aux chauves-souris. De plus, les arbres avec ceux de la mare proche et ceux présents dans les quartiers annexes, forment des corridors fonctionnels. Ils permettent de raccorder le parc aux espaces verts hors zone urbaine, ce qui est favorable à un certain nombre d’espèces animales.

La glacière protégée par le Site Patrimonial Remarquable est aussi attractive du fait de la végétation qui s’est développée au-dessus. Les micromammifères (écureuils roux, hérissons d’Europe) et autre petite faune (oiseaux) viennent s’y réfugier, s’y nourrir et s’y reproduire. À l’intérieur, aucun indice de fréquentation faunistique récente ou ancienne, notamment de chauves-souris, n’a été relevé. En la fermant avec une grille adaptée, elle pourrait laisser passer une petite faune. C’est un micro-habitat différent du reste du parc arboré, qui ajoute de la diversité.

Comme il ne se trouve pas de point d’eau dans le parc, il n’y a pas d’amphibiens, d’autant qu’ils ne trouvent pas au sol les conditions adéquates pour hiverner. Les reptiles sont rares, à part le lézard des murailles qui est protégé et l’orvet fragile. On trouve des lucanes cerfs-volants qui sont une espèce de coléoptères protégée liée aux vieux arbres mais l’absence de plantes mellifères, à l’exception d’arbres à papillons qui se sont développés à travers l’enrobé, ne favorise pas la présence de papillons de jour.  Un Écaille chinée qui est un papillon de nuit non protégé a été observé.

Le parc permet donc une biodiversité inattendue au cœur de la ville avec des espèces cavernicoles nicheuses dans les arbres, mais il ne se prête pas à l’accueil d’espèce patrimoniale floristique. Il abrite une diversité avifaunistique typique des boisements. Sa plus-value écologique est indéniable. Il est donc recommandé de le conserver en grande partie en l’état avec un entretien extensif, d’adapter l’éclairage pour déranger à minima la faune et de consolider la fonctionnalité écologique par une végétalisation des espaces non bâtis en front de rue.                                                                                                                                             Sigrid Pavèse

 

[1] https://www.bourgogne-franche-comte.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/note_ecologique_fontaine-les-dijon_rmpromotion_cle181118.pdf

Voir également: « La visite du jardin de madame Mugnier en 1888 », Bulletin des Amis du vieux Fontaine, n°142