Assemblée générale des Amis du Vieux Fontaine

Les adhérents sont invités à participer à l’assemblée générale ordinaire de l’association qui se tiendra le vendredi 22 janvier 2021 à 18 heures au CAPJ.

Ordre du jour prévu :

  • Approbation du rapport moral et d’activités
  • Approbation du rapport financier

Renouvellement du bureau :
Les membres désirant présenter leur candidature doivent se manifester auprès de la présidente à l’adresse suivante : lesamisduvieuxfontaine@gmail.com
L’association recherche tout particulièrement un nouveau trésorier.

Retour en images

22 novembre 2020 : Exposition de Claudine Speranza sur le pas de sa porte

Concours photos lancé auprès de nos adhérents pour une carte de vœux AVF 2021

 

 

La libre circulation des vendanges en 1850 à Fontaine-lès-Dijon

Eugène Nicolle juché sur une charrette un jour de vendanges (Entre-deux-guerres), collection particulière.

Eugène Nicolle juché sur une charrette un jour de vendanges (Entre-deux-guerres), collection particulière.

Le 1er octobre 1850, le maire de Fontaine, Claude Gruet, est amené par les circonstances à prendre un arrêté[1] de police rurale à la veille des vendanges qui, cette année-là, vont débuter dans la commune le 5 ou 6 octobre courant[2]. En effet, chaque année le transport des vendanges est entravé par de multiples obstacles dans le village : fumier, boues, bois et autres matériaux. Les propriétaires ont 4 jours pour les enlever et libérer les rues et places du bourg. Il est aussi défendu de laisser stationner pendant la nuit les voitures, tombereaux et charrues qui doivent être remisés soit sur la place « du » Carrois, soit près de la mare. Les gardes champêtres sont spécialement chargés de l’exécution de cet arrêté et habilités à dresser des procès-verbaux à tous les contrevenants.

Dans les faits, cette décision a été provoquée par un arrêté préfectoral sur la salubrité publique. En effet, avec l’établissement de la Seconde République, le 25 février 1848, le législateur se préoccupe d’hygiène publique et institue le 18 décembre 1848 une commission de prévoyance et d’assistance. Or, de tout temps, la salubrité extérieure, la sûreté des rues et des places, la propreté, la commodité des voies de circulation ont été l’apanage de l’édilité. Pour se conformer aux circulaires préfectorales, le maire a donc prescrit l’enlèvement de tout ce qui pouvait gêner la circulation sur la voie publique. La solution à ce problème consistait surtout à trouver des endroits dans la commune pour contenir ces différents dépôts. Le conseil municipal assigne donc trois emplacements devant servir exclusivement aux dépôts de fumier, bois, pierre et autres objets qui étaient placés jusqu’à présent dans l’intérieur du village. Il s’agit du terrain appelé le Carrois à l’entrée sud du village, d’un lieu situé aux Échannes, derrière le clos où se trouvait l’ancien hôtel des Cotottes et enfin de l’espace entre le 32 rue Jehly-Bachellier et la mare. Quant à l’actuel parking des Cotottes, il est réservé pour servir de creux à fondre la chaux. Le conseil municipal voit aussi dans cette mesure l’opportunité de procurer à la commune un supplément de revenus pour les dépenses qu’elle doit supporter annuellement et pour cela assujettit les habitants qui soumissionneront à une indemnité modeste, réglée à l’amiable et sans frais, pour chaque mètre carré de terrain occupé…

En remettant les stratégies de lutte entre les mains des autorités locales, la loi du 13 avril 1850 sur les logements insalubres, votée par la Seconde République finissante afin d’améliorer le sort des citoyens pauvres, a donc eu, à Fontaine-lès-Dijon,  cette singulière conséquence d’aboutir à faciliter les déplacements des véhicules dans la commune au moment des vendanges…

Sigrid Pavèse

[1] Archives municipales de Fontaine-lès-Dijon, D2, Registre de délibérations.
[2] En 1850, le ban de vendange n’a plus de caractère d’obligation.

 

L’autel de saint Bernard dans l’église paroissiale de Fontaine-lès-Dijon avant la restauration de 1899

L’autel de saint Bernard vers 1899 (Carte postale).

L’autel de saint Bernard aujourd’hui (Cliché Michel Laignelet, 1974).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’autel de saint Bernard, situé dans la chapelle nord de l’église paroissiale a connu diverses transformations au cours du XXe siècle. Sur une carte postale antérieure à la restauration de 1899, il présente un aspect bien différent de son état actuel.

Si l’on distingue à peine la partie supérieure de l’autel, on voit surtout l’imposant retable qui le surmontait et qui masquait complètement le lavabo de la chapelle d’origine. Ce retable architecturé en bois était composé d’une travée flanquée d’ailerons à volutes ;  deux colonnes cannelées à chapiteau corinthien, dont le tiers inférieur était sculpté de tiges de laurier enroulées, encadraient la contretable et supportaient un entablement à frise sculptée et corniche à denticules.

Le tableau d’autel représentait sainte Catherine d’Alexandrie, agenouillée sur les débris de la roue de son supplice. Ce sujet sans rapport avec le titulaire actuel de la chapelle s’explique par le fait qu’elle était dédiée auparavant à sainte Catherine, patronne d’une confrérie pour les femmes et les jeunes filles attestée dès la fin du XVIIe siècle[1]. La composition, inspirée d’une estampe de Louis Simonneau (1654-1727) d’après un tableau d’Antoine Dieu (1662-1727)[2], reproduisait la seule figure de la sainte, mais non les bourreaux et l’ange qui venait la couronner de fleurs[3].

Au-dessus du retable, une niche ménagée dans l’ébrasement de la baie murée abritait une statue de la Vierge à l’Enfant debout sur un croissant de lune et reposant sur un socle orné de têtes d’angelots.

Sur l’autel, un tabernacle à ailerons supportait le célèbre buste de saint Bernard attribué au sculpteur Paul Noël Barralet. Provenant de l’abbaye de Molaise, il avait été donné à la paroisse en 1811 et son installation dans cette chapelle datait probablement de cette époque. Le changement de vocable était précisé par l’inscription peinte sur le cartouche surmontant le tableau : J.M.J. SANCTE BERNARDE ORA PRO NOBIS.

De belle facture, les divers éléments : retable, tabernacle, statue et tableau formaient un ensemble cohérent de style XVIIIe siècle, surchargé au siècle suivant de tentures et de guirlandes.

Élisabeth RÉVEILLON

[1] Bulletin paroissial n° 4, avril 1908, p. 26.
[2] Élève de Le Brun.
[3] Patrimoine d’Aquitaine, Les dossiers de l’Inventaire, Dossier IM40006612 (http://dossiers-inventaire.aquitaine.fr/dossier/tableau-du-retable-de-l-autel-de-sainte-catherine-sainte-catherine-d-alexandrie/a4066e15-fcb2-4770-a1c2-deb761678fba)

Fontaine-lès-Dijon dans Le Bien public de 1949

La plupart des onze articles consacrés à Fontaine-lès-Dijon sont publiés pour rendre service aux lecteurs : jour d’enlèvement des ordures, annonce de la fête nationale, de la fête patronale, indication qu’une chambre à air de camion a été trouvée et peut être réclamée auprès d’Eugène Nicolle…

En août 1949, un arrêté municipal interdit d’allumer des feux dans les champs, jardins et friches. Cet appel à la prudence est lié à la grande sécheresse et à la chaleur qui ont régné sur toute l’Europe occidentale cette année-là, pendant l’été. Un autre avis rappelle un arrêté de 1926 qui interdit de pénétrer dans le bois situé entre la mare et l’église. Le maire veut lutter contre les incivilités qui détériorent l’environnement et annonce que les fautifs pris sur le fait seront verbalisés avec sévérité par les gardes champêtres. En 1949, la commune avait encore un caractère rural et c’était le garde-champêtre qui assurait la police municipale. Les gardes champêtres étaient des officiers de police judiciaire craints par les contrevenants.

Trois articles sont consacrés au ravitaillement, notamment en sucre et en carburant. Ce sont les derniers qui paraîtront sur le sujet, car les conditions de vie des Français commencent à s’améliorer avec l’aide américaine à la reconstruction apportée par le plan Marshall en 1948. Le haut commissariat au ravitaillement est supprimé et les derniers tickets de rationnement disparaissent le 1er décembre. Cette pénurie a marqué en profondeur les esprits et oriente la politique agricole vers une forte productivité, afin de garantir la sécurité alimentaire. C’est ainsi qu’à Fontaine en avril 1949, des films agricoles sur la motoculture, la lutte contre les mauvaises herbes et la fumure sont commentés par les ingénieurs de la direction des services agricoles, pour faire évoluer le monde agricole afin de tendre à l’autosuffisance alimentaire.

Enfin, un long article est consacré aux obsèques du lieutenant René Guillaume tombé en Indochine à la tête de son peloton, le 4 février 1948, comme l’avait relaté un précédent article paru après sa mort. Inhumée provisoirement à Hanoï au Tonkin – on ne parlait pas alors de Viêtnam -, sa dépouille a été rendue à sa famille pour être enterrée au cimetière de Fontaine. Sous le titre d’usage « Obsèques d’un brave » est décrit l’adieu social au jeune soldat avec l’hommage de ses pairs et le discours du maire, qui met en valeur l’écolier studieux et la personnalité du défunt. Le garçon étant connu de tous dans le village où il a grandi, la population se fait un devoir d’entourer ses parents et de leur exprimer sa sympathie. Les enfants des écoles avec leur maître sont présents à la cérémonie. Ils sont les témoins du rôle civique qu’ils devront accomplir à leur tour. Le nom du soldat est inscrit sur le monument aux morts des guerres du XXe siècle à Fontaine-les-Dijon mais ne cherchez pas sa tombe dans le cimetière de Fontaine, son corps a été transféré en 1959 à Chervey dans l’Aube, dans l’arrondissement de Troyes dont la famille était originaire.

Sigrid Pavèse