C’était une vasque exposée à la vue de tout le monde dans l’église Saint-Bernard. Depuis au moins un demi-siècle, elle reposait à même le sol dans un coin de la chapelle Saint-Bernard. Son origine était inconnue. Chacun voyait bien qu’elle n’était pas à sa place, mais faute de savoir ce que c’était et puisqu’elle ne gênait pas, elle était restée là.
En 2023, un prêtre, don Axel de Toulmont, alors en fonction dans la paroisse, informa les Amis du Vieux Fontaine qu’il s’agissait d’une cuve de bénitier qui méritait peut-être d’être réhabilitée.
L’église Saint-Bernard étant inscrite à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques, l’association sollicita l’avis d’un conservateur du patrimoine. Celui-ci identifia immédiatement une cuve de bénitier du XVIIIe siècle ornée d’un décor à godrons, un motif constitué d’une succession d’ovales en relief évoquant des coquilles ou des pétales. L’objet avait en outre conservé sa doublure métallique d’origine, ce qui était assez rare, et présentait une jolie mouluration. Toutes ces qualités justifiaient sa mise en valeur.
Comme l’église Saint-Bernard, construite avant 1905, appartient à la commune, le maire, Patrick Chapuis, fut averti. Il contacta la Commission d’art sacré de la Côte-d’Or (CDAS) qui proposa le dessin d’un piédestal. Le projet fut validé par la commune et par le curé de la paroisse.
Les travaux furent financés par la Ville de Fontaine maître d’ouvrage de la réhabilitation. La réalisation fut confiée à la société Tandem dirigée par Florence Harvengt à Semur-en-Auxois, spécialisée dans la conservation et la restauration d’œuvres. La taille de la pierre du piédestal fut exécutée par Simon Ledugne, de l’atelier du Menhir à Torcy-et-Pouligny, route de Semur-en-Auxois. Le choix s’est porté sur une pierre calcaire proche de celle du bénitier. Avec ses lignes rouges correspondant à des bandes d’impuretés naturelles souvent ferreuses piégées dans la roche au moment de sa formation, cette pierre a été difficile à trouver car elle provenait de carrières aujourd’hui disparues.
Le fait que le bénitier ne présente pas de godrons sur une face indique qu’il était à l’origine adossé à un mur. En janvier 2026, sur les conseils de la CDAS, il a été installé sous le porche de l’église, à la place de l’ancien bénitier, lequel a été mis dans la chapelle Saint-Bernard. En retrouvant sa fonction première, ce bénitier avec sa cuve tricentenaire et son nouveau piédestal met en valeur l’entrée principale par la qualité plastique de ses formes et l’élégance de ses volumes.
Sigrid Pavèse











