Le vignoble à Fontaine-lès-Dijon en 1957 : le parcellaire

Les 54 parcelles de vigne à Fontaine-lès-Dijon en 1957

En 1953[1], pour assainir le marché du vin et orienter la production viticole, le gouvernement a prescrit un recensement général du vignoble français, qui a été confié à l’Institut des vins de consommation courante (IVCC), créé en 1954[2]. Ce recensement a été effectué en établissant deux documents. Le premier est une « déclaration de propriété de vigne » pour chaque exploitation viticole, avec des renseignements relatifs au propriétaire foncier, au déclarant, ainsi qu’à l’exploitation. Le second est un « bulletin de parcelle » indiquant pour chaque parcelle de vigne, l’identité du propriétaire foncier, celui de l’exploitant, les références cadastrales, la situation topographique, l’aire de production, l’encépagement, l’âge de la vigne et les possibilités de récolte. Le travail d’enquête a été effectué sur le terrain et à la mairie. Les éléments recueillis ont été codifiés pour être reportés sur des cartes perforées. Les déclarations pour le cadastre viticole de Fontaine ont été lues et approuvées par les intéressés le 11 octobre 1957[3]. Elles donnent une photographie détaillée de la structure du vignoble à cette date.

En 1957, 24 exploitants de 32 à 71 ans, avec une moyenne d’âge de 54 ans, cultivent 10 ha 37 a 51 ca de vigne représentant globalement 11% de leur exploitation. 3 exploitations sont détenues par des veuves. 54 parcelles sont répertoriées, avec une moyenne de 2 par exploitant et une surface moyenne de 19 a 21 ca. La plus grande exploitation possède 1 ha 35 a 92 ca en 7 parcelles, la plus petite 11 ares. 2 exploitations seulement s’étendent sur plus d’un hectare. Toutes les parcelles sont situées sur des coteaux, dans 20 lieux-dits. Près du tiers se trouve aux Charmes et au Bois, mais la vigne est aussi présente avec 3 parcelles dans les lieux-dits aux Conottes, aux Porte-feuilles, en Vaux, aux Champs-Rémy et aux Champs communaux. Les 54 parcelles sont exploitées en faire-valoir direct à l’exception de 6 (2 en métayage à bail « oral » et une à bail écrit, 3 en fermage à bail « oral »).

En 1957, à Fontaine, les vignerons n’ont donc pas encore disparu. On continue à les trouver essentiellement dans le village mais la vigne n’est plus qu’une activité d’appoint, avec, pour moitié, des micro-exploitations de moins de 50 ares, très éparpillées. Le fermage et le métayage concernent des propriétaires qui se chargent de l’exploitation d’une vigne appartenant à un parent ou à un voisin. Ainsi structurées, à l’exception d’une qui ne le mentionne pas, toutes les exploitations sont destinées à produire du vin pour la consommation familiale.

Sigrid Pavèse

[1] Décret n° 53-977 du 30 septembre 1953.
[2] Décret n° 54-437 du 16 avril 1954. Cet institut a été transformé par décret n° 76-302 du 7 avril 1976  en Office national interprofessionnel des vins de tables (ONIVIT) puis par décret n° 83-244 du 18 mars 1983 en Office national interprofessionnel des vins (Onivins).
[3] Archives départementales de la Côte-d’Or : 1789 W 34.278. Recensement général du vignoble.

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