La taille de la vigne plantée en foule

Avant le phylloxéra, quand les vignes n’étaient pas palissées et qu’elles étaient plantées en foule,  elles étaient menées en gobelet.

On taillait pendant le repos végétatif, quand la vigne était en dormance, hors période de gel et avant la montée de sève, en période de pleine lune et de préférence en mars pour éviter les gelées tardives et favoriser le retard de la sortie des bourgeons, afin de préparer un bon développement de la vigne pour la prochaine vendange.

Sur les deux à trois bras (branches) principaux à partir du cœur du cep, qui partaient dans des directions différentes, on coupait toutes les branches et on ne conservait que le brin qui tenait le plus au vieux bois. On le taillait à deux bourgeons aussi appelés yeux ou nœuds pour le gamay et à trois ou quatre selon sa force pour le pinot ou noirien qui était rare à Fontaine. Les raisins étaient ainsi mieux répartis sur le pourtour du cep sans être entassés, ce qui favorisait une meilleure aération et limitait l’apparition de maladies.

On se servait d’une serpe à talon qui portait à la partie convexe un fort taillant faisant office de petite hache : les vignerons s’en servaient lorsqu’il fallait couper le bois mort plus dur[1].

On ramassait les « tailles » et on liait les sarments coupés en fagots pour servir à allumer le feu.

Sigrid Pavèse

 

[1] MORELOT, Denis, La vigne et le vin en Côte-d’Or, 1831, éd. Cléa, p. 200.

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